Discours prononcé à la Marche pour la fermeture des abattoirs

Vous l’avez enlevé à sa mère,
Vous l’avez empêché de voir le soleil.
Vous ne l’avez pas laissé sentir la terre,
Vous ne l’avez pas laissé courir.

Vous avez coupé son corps en morceaux
Et lui avez causé tant de mal.
Vous l’avez vu comme une chose,
Et l’avez fait vivre dans sa propre merde.

Vous ne lui avez jamais montré la moindre tendresse,
Il n’a connu que la peine.
Vous l’avez suspendu et coupé sa gorge,
Vous avez tranché droit dans ses veines.
Vous l’avez mis dans votre sandwich,

Vous l’avez cuit dans votre tarte,
Puis vous avez mangé sa peur et sa terreur
Et vous avez mangé ses appels désespérés.
Vous l’avez tué sans raison,

Vos mains étaient sur le couteau.
Lorsque vous l’avez déposé dans votre chariot,
Vous avez emporté sa vie.

Manger des animaux, et des produits animaux, coûte cher.
Aux animaux.
Aujourd’hui, comme tous les jours, ils sont plusieurs millions à attendre dans les couloirs de la mort leur exécution. Pour quels crimes ?
Âgés de quelques mois, séparés de leur famille dès le 1er jour, ils n’ont connu que les grilles de leur cage, que les hangars sordides, la puanteur, la lumière artificielle, la promiscuité, les coups, la violence,
et leur assassinat programmé.

Est-ce que vous les regarderez dans les yeux,
Est-ce que vous entendrez leur cris,
Est-ce que vous sentirez leurs souffrances et leur peur,
Ou est-ce que vous dînerez aveuglément sur des mensonges ?

Est-ce que vous regarderez de l’autre côté,
Et continuerez à croire que tout va bien ?
Pendant qu’au fond, tout au fond de vous,
Vous savez précisément
Que ceUX que vous mangez ont traversé l’enfer.

Pourquoi ne pouvez-vous pas sentir la peine que votre argent génère ?
Pourquoi ne pouvez-vous pas goûter la vie amère
Qui gît en travers de votre assiette ?

Ce n’est pas une question de choix de consommation. Quand notre « choix de consommation » implique la souffrance et le meurtre d’Autrui, ça n’est pas une question ni de choix ni de goût personnel, c’est une question de JUSTICE.

Notre petit – plaisir – personnel, futile, égoïste, ne justifie pas UNE VIE DE SOUFFRANCES.
« oui mais c’est bon » ne justifie pas UNE VIE DE SOUFFRANCES.
« oui mais c’est bon » JUSTIFIE le plus grand massacre jamais perpétré par la seule espèce capable de tuer sans nécessité. La nôtre.

Aujourd’hui, en faisant naître des personnes sensibles ET CONSCIENTES dans le but de les tuer et d’en tirer le maximum de profit,
nous sommes dans la pire période de notre histoire.

Nous ne demandons pas le droit de vote pour eux. Juste le droit de vivre. Libres.

2cochon

Marche pour la fermeture des abattoirs
Toulouse,  06.06.15
(poèmes traduits d’Emma Murphy)

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