269

Le 2 octobre 2012, journée mondiale pour les animaux de ferme, à Tel Aviv, des militants antispécistes/ pour les droits des animaux se sont fait marquer au fer rouge, lors d’une action de rue, en solidarité avec les victimes de l’industrie de la viande.
Le nombre 269, numéro d’un veau de l’industrie laitière croisé par les activistes au cours d’une enquête, à été le nombre choisit.
Par cette action, d’autres qui ont suivi (l’action a été reproduite en Argentine, en Pologne, aux U.S.A,…) et celles qui suivront,
ce nombre tend à devenir un symbole de la résistance envers la plus grande exploitation d’individus sensibles existant et ayant jamais existé, celle des animaux non humains.

Le site internet (en anglais)
Site français

Interview des activistes
Interview du 22 octobre 2012, par Gary Smith
Source : The Thinking Vegan

-> trad. en français ci-dessous, en 2 parties :

I) Interview concernant l’action (le pourquoi, le comment, les motivations etc …)
II) Critique radicale (mais nécessaire) du mouvement pour les droits des animaux (antispéciste) dans son ensemble

I) Interview concernant l’action

269II

Quelle est la signification du nom de votre groupe, 269 ?

269 est un groupe d’activistes animalistes qui ont lancé une campagne et qui ont un site internet ainsi qu’une page facebook. Pour citer un des activistes qui a été marqué au fer, « Le nombre 269, qui a été brûlé sur notre peau, était le numéro d’ un veau que nous avons rencontré dans un élevage industriel en Israël. Ce veau anonyme sera immortalisé pour toujours sur nos corps, et j’espère que ce message de solidarité apportera une nouvelle façon de considérer les animaux non-humains. Aucun animal ne devrait être exploité pour satisfaire les besoins égoïstes et les désirs capricieux des humains, c’est pourquoi nous avons choisi d’utiliser, de façon symbolique, la méthode qui est employée par l’industrie de l’élevage pour réifier des êtres vivants, comme moyen symbolique de transmettre notre idée. »

La vidéo où trois de vos membres se font marquer durant la Journée Mondiale des Animaux de Ferme est assez provocante. Pourquoi avez-vous choisi le marquage au fer pour délivrer votre message  ?

La raison principale pour laquelle nous avons fait ce type d’action est que le mouvement animaliste ne peut pas continuer de cette façon modérée et conventionnelle. Quand nous examinons les accomplissements du mouvement animaliste à travers l’Histoire, nous réalisons que nous sommes trop peu nombreux, et que nous sommes en retard. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps, parce qu’à chaque seconde qui passe, des animaux innocents sont exploités et tués de façon terrifiante. Nous devons agir plus, agir mieux, frapper plus fort, nous devons commencer à faire bouger les choses, mondialement. L’holocauste ne peut pas continuer pendant que nous nous asseyons et sourions aux personnes qui le perpétuent. Cette situation horrible nécessite une solution plus créative et plus rapide que le don d’un énième tract à un-e passant-e, qu’un clic « j’aime » sur une énième page Facebook, ou qu’une participation à une énième manifestation.

[L’action 269] est un exemple de ce qu’on peut faire pour tenter de provoquer une vague mondiale. Mais c’est loin d’être assez.

Cette action est également un exemple d’action globale, et non locale. L’holocauste animal est gigantesque et se déroule dans chaque pays, dans chaque culture. Nous devons commencer à penser et agir global, et non local – autrement, rien ne changera jamais. Nous devons être aussi efficaces que possible. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour les animaux.

Quelle a été la réaction de la foule face au marquage et à ce que ça représente ? A-t-elle fait le lien ? Était-elle réceptive, ou révulsée et en colère ?

En réalité, nous avons décidé de faire la manifestation dans un endroit peu fréquenté, parce que la procédure de marquage est assez sensible, de nombreuses choses auraient pu tourner mal et la manifestation aurait été complètement gâchée, particulièrement parce que nous n’avions pas d’expérience dans le marquage. Il n’y avait donc pas vraiment foule à cet endroit. Pour ce que j’en ai remarqué, les gens qui se promenaient s’arrêtaient, et étaient plutôt choqués.

La vidéo du marquage a totalisé près de 150 000 vues en une semaine. Est-ce que vous vous attendiez à ce que la vidéo recueille autant d’attention ?

En fait, oui. Nous pensions qu’elle pouvait faire une onde de choc mondiale, et, à notre avis, cette vidéo sera beaucoup plus vue dans les prochains mois. Notre but est d’au moins dix millions de vues cette année, c’est le potentiel que nous croyons qu’elle a et nous espérons y parvenir. Nous pensons qu’elle va avoir une couverture médiatique bien plus grande que celle qu’elle a eu jusqu’à aujourd’hui – 10 jours après l’évènement. Nous espérons également récolter un peu d’argent via la boutique en ligne que nous avons lancée pour financer les publicités pour cette campagne, afin que les vidéos et les évènements suivants soient connus dans le monde entier. Notre but est d’atteindre rapidement le plus de gens possible.

Quel genre de retours avez-vous eu depuis la vidéo ? Avez-vous reçu des retours de personnes disant qu’elles allaient devenir véganes ?

Et bien, je dois dire en premier lieu qu’il y a eu trop de commentaires sur Youtube donc nous n’avons pas pu tous les lire. Mais ils étaient généralement divisés en deux camps : « Super action, je vous soutiens » ou « vous êtes des fanatiques. J’aime le steak. »

Nous devons comprendre que le potentiel qu’a une personne de devenir végane et de défendre les droits des animaux ne dépend pas des actions militantes que nous faisons. Pour chaque type d’action vous rencontrerez une opposition, même pour une manifestation tranquille, ou pour une distribution de tracts. Le fait est que les gens qui ne se préoccupent pas des animaux (la plupart de la population humaine) sera contre vous quoique que vous fassiez, et vous n’arriverez pas à les rendre véganes, inversement, les personnes qui ont le potentiel de devenir véganes seront convaincues quoi que vous fassiez également (si nous mettons de côté les actions violentes). C’est la base de mon raisonnement, et la raison pour laquelle j’ai choisi de participer à cette action, parce que je ne pense pas qu’elle éloignera les gens qui ont un potentiel, et parce qu’avec ce type d’actions vous pouvez obtenir une visibilité mondiale avec un minimum de temps et d’argent.

Le mouvement animaliste n’incrimine jamais les vrais coupables. Nous mettons en cause notre message, la culture, même l’éducation, uniquement parce que nous ne voulons pas voir en face la réalité – qui est que les gens s’en fichent. Nous nous lamentons en disant que les gens devraient ouvrir les yeux et voir en face la réalité de l’holocauste animal, et bien je crois qu’il est temps pour le mouvement animaliste d’en faire de même. Vous ne vous mettez pas la population à dos du fait de vos actions militantes ; les gens ne se soucient pas de notre idéologie dans un premier temps ; il est donc important de rester uni en tant que mouvement derrière les actions radicales, et de conserver une idéologie forte, basée sur l’éthique, et sans compromis.

Quelle est la mission de 269 Life ? Qu’espérez-vous accomplir avec votre organisation ?

Le but premier de cette campagne est de « parler » aux activistes animalistes. Cette action choquante est un message pour les activistes animalistes qui se considèrent comme des personnes non spécistes, comme des activistes engagé-e-s. Les vrai-e-s activistes ne cherchent pas seulement à soulager leur conscience, mais sont vraiment déterminé-e-s à chercher des solutions pour parvenir à la libération animale. Nous parlons à des activistes qui n’ont rejoint le mouvement ni pour des raisons sociales ni pour des raisons diététiques – mais pour la justice. Nous voulons toucher des activistes qui penseront en permanence à des idées révolutionnaires pour promouvoir la libération animale le plus tôt possible. Environ 95 à 99 pourcent de la population s’en fiche et ne deviendra jamais volontairement végane. Donc oui, nous devons encore travailler pour atteindre les quelques personnes qui ont un potentiel, mais – quelque chose doit changer.

La lutte animaliste est au plus mal.

Il n’y a pas assez d’argent, pas assez d’activistes véganes engagé-e-s et non spécistes, et pire que tout, l’adversaire le plus immoral, une population de 7 milliards d’individus qui ont beaucoup d’intérêts dans le fait de garder les animaux asservis, et qui sont intrinsèquement si égoïstes qu’ils n’ont même pas été affectés par les campagnes de sensibilisation que nous avons mené depuis de nombreuses années.

Le premier pas vers la résolution d’un problème consiste à en prendre connaissance. Peut-être que nous n’avons pas de solution facile et parfaite pour le moment, mais nous connaissons de façon certaine ce qui ne libèrera pas les animaux – et c’est le fait de continuer d’utiliser les mêmes méthodes. Sensibiliser de nouvelles personnes ne résoudra pas le problème. Ça ne fera qu’amener au mouvement des personnes qui n’étaient pas sensibilisées jusque-là, mais c’est seulement une partie négligeable de la population. N’oublions pas – la majeure partie des humains est au courant de l’holocauste animal mais s’en fiche, tout simplement. S’il vous plaît, pour le bien des animaux, arrêtons donc de nous voiler la face, parce que ça ne fait que prolonger davantage leurs souffrances.

Nous espérons que cette action de marquage, en plus de répandre le message des droits des animaux dans le monde entier, encouragera chacun-e d’entre vous à commencer et à être plus actif pour eux, et avec des moyens non-conventionnels. Si les choses restent dans l’état où elles sont, l’holocauste animal est parti pour durer.

Le second but de cette campagne est de faire parler des droits des animaux afin qu’il y ait plus de gens qui entendent parler de cette question, en particulier dans des endroits où ils n’en avaient jamais entendu parler. C’est la raison pour laquelle nous avons cherché à avoir une diffusion mondiale, et selon les statistiques de Youtube, nous avons généré des vues dans presque chaque pays. Nous devons maintenant continuer à maximiser en tous lieux le nombres de vues.

Si ces objectifs sont atteints, nous pensons que nous rendrons plus de personnes véganes pour des raisons éthiques, personnes qui auront plus de probabilités de rester véganes toute leur vie et de devenir actives pour les droits des animaux.

Aussi, nous croyons que nous augmenterons le nombre de personnes véganes qui prendront part à des actions radicales et mondiales, et qui essayeront de chercher une façon d’agir non conventionnelle pour la libération animale plutôt que de faire une énième manifestation/stand/conférence etc.

Comment vois-tu les suites de l’action 269 ?

J’espère qu’elle se propagera dans le monde entier. En ce moment, des activistes de tous horizons se rassemblent et font des actions qui font suite à la nôtre, comme celle-ci. J’espère que ça ouvrira les yeux des personnes qui ont le potentiel pour devenir véganes, tout comme les yeux des militant-e-s véganes pour les rendre plus actifs et surtout, plus efficaces. Des campagnes comme 269, qui n’est pas conventionnelle dans ses actions et traite seulement de l’aspect moral des droits des animaux – est la voie que les militant-e-s animalistes devraient suivre, s’ils continuent dans la propagande. J’espère que nous verrons bien plus d’actions comme celle-là, et en particulier plus d’activistes qui commencent à choisir d’autres manières que la propagande pour essayer d’en finir avec l’holocauste animal.


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II) Critique radicale (mais nécessaire) du mouvement pour les droits des animaux (antispéciste) dans son ensemble

« Je suis très pessimiste quant aux chances de succès du mouvement pour les droits des animaux. Il suffit de considérer quelques aspects de l’état de la lutte animaliste et de l’état de son adversaire (presque toute l’espèce humaine) pour être pessimiste :

Les gens sont intrinsèquement égoïstes. Le nombre d’animaux maltraités et tués est infini. L’holocauste animal se produit dans le monde entier, dans chaque culture, dans chaque pays. Il y a désormais sept milliards d’humains dans le monde. D’ici quelques décennies, ce chiffre s’élèvera à environ neuf milliards. 80 % de la population est issue des pays sous-développés ; dans quelques décennies, il y en aura 87 %. Ces populations ne sont vraiment pas réceptives à l’idée des droits des animaux. Même les 20 % restants ne sont pas ouverts à cette idée, à l’exception d’une petite fraction de ce groupe. Aujourd’hui, sur 100 personnes naissant dans le monde, 97 vivent dans des pays en voie de développement. L’espérance de vie dans les pays sous-développés va augmenter à l’avenir, et leur taux de mortalité va chuter. Beaucoup de pays sous-développés vont s’industrialiser dans les prochaines décennies, ce qui signifie que l’holocauste animal va être multiplié par deux ou trois.

Si nous jugeons la réalité avec un regard lucide et réaliste, nous parvenons à la conclusion que la situation est pire que jamais. Nous ne pouvons pas gagner, encore moins avec la voie que nous sommes en train de prendre. Je ne connais pas dans le détail les mouvements pour les droits des animaux dans le reste du monde, en dehors de quelques aspects communs qui m’ont été rapportés par chaque activiste animaliste avec qui j’ai discuté, comme le fait que la communauté végane est très petite dans leur pays, qu’il y a trop peu d’activistes en général dans la communauté végane, et que la plupart des activistes sont spécistes, privilégiant les humains sur les animaux.

Pour gagner la bataille des droits des animaux, nous avons besoin de gens qui se battront, et nous devons être plus forts que les criminels. Aux jours d’aujourd’hui, nous ne pouvons pas imposer les droits des animaux à la population humaine. Nous sommes trop peu, avec trop peu de moyens financiers et eux sont trop nombreux, et disposent de trop de technologies de pointe. Nous devons donc les convaincre d’une manière ou d’une autre d’arrêter l’exploitation animale. Mais nous savons toutes et tous que nous ne pouvons pas convaincre sept milliards de personnes d’arrêter d’asservir les animaux par altruisme, donc sur ce front – nous ne pouvons pas gagner.

Nous ne disposons réellement que d’une poignée de personnes de par le monde, pas beaucoup, qui se préoccupent du sort des animaux, et nous avons besoin de penser à la façon dont elles peuvent agir. Sensibiliser de nouvelles personnes n’est rien de plus qu’une façon sympathique d’élargir ce cercle restreint, ce n’est surement pas une solution à l’holocauste animal. Nous devons donc penser en dehors des cadres habituels, si nous voulons vaincre un adversaire immoral.

Nous avons quelques exemples de réflexions originales pouvant conduire à une amélioration de la condition des animaux. Certaines apportent une solution radicale. D’autres ont des effets rapides. Certaines de ces idées sont illégales, je n’en parlerai donc pas ici (je ne parle pas de l’ALF bien sûr, ce n’est pas une solution radicale et surement pas une solution rapide. Vous ne pouvez pas libérer 150 milliards d’animaux chaque année dans le monde entier). Certaines de ces idées sont légales, et nous devrions tous les envisager.

Par exemple : agir contre la reproduction humaine. Cela peut même être plus essentiel que de convaincre une personne carnivore de devenir végane et peut s’avérer très efficace dans les pays sous-développés.

Une autre piste : promouvoir la recherche sur la viande artificielle. Je suis totalement d’accord avec David Pearce qui a déclaré « La viande in vitro [est] peut-être notre meilleur espoir de nous débarrasser de l’élevage industriel d’ici le milieu du siècle… J’aurais préféré que tout le monde ait entendu l’argument moral et soit devenu végan aujourd’hui. Mais nous savons tous deux à quel point c’est difficile d’argumenter face à l’apathie morale. »

C’est pourquoi j’ai personnellement décidé de suivre cette voie, et, à ce jour, la plupart de mon activité tourne autour du fait de faire la promotion de la viande artificielle.

Ce sont seulement deux exemples s’inscrivant dans la voie légale. Ce que je veux dire, c’est qu’on peut trouver une façon de faire advenir la libération animale plus rapidement, plus efficacement qu’en continuant à échouer en cherchant à toucher la fibre altruiste des gens. Si vous faites appel uniquement à l’altruisme des gens avec des arguments moraux, vous ne pourrez pas convaincre grand monde de devenir végane. Chaque groupe animaliste de par le monde ajoute des arguments et des campagnes sur la santé, l’écologie, etc., aux arguments éthiques. Par leurs actions, tous les groupes animalistes du monde m’approuvent, qu’ils aient le courage de l’admettre ou non. Je n’aurais aucun problème avec le fait de rendre tout le monde végane pour des raisons de santé si ça pouvait aboutir, mais les gens ne se préoccupent pas assez de leur santé pour que 95 % des gens deviennent véganes, pas même 30 %, mais seulement quelques %, et seulement après un certain âge (les adultes se soucient plus de leur santé que les ados).

En réduisant de cette façon la portée de notre message, d’une argumentation uniquement morale à une argumentation basée sur l’éthique mais aussi sur la santé et l’écologie ainsi que sur n’importe quelle autre raison égoïste, deux phénomènes se produisent. Premièrement, plus de gens deviennent véganes pour des raisons autres que morales (des raisons égoïstes). Deuxièmement, le mouvement animaliste se développe, mais la proportion de personnes véganes antispécistes et engagées chute. Et c’est un processus qui s’auto-alimente, parce que plus de véganes spécistes signifie plus de campagnes axées sur la santé ou l’écologie de la part du mouvement animaliste, plus de personnes spécistes qui y sont attirées, et ainsi de suite.

Le problème engendré par ce processus est particulièrement visible en Israël (et je suis sûr que c’est également le cas partout dans le monde) : beaucoup de ces personnes arrêtent d’être véganes au bout de quelques années. Celles qui restent véganes sont très spécistes et égoïstes, elles n’agissent donc pas beaucoup et/ou ne se soucieront pas d’aller très loin pour les droits des animaux même si elles ont des idées intéressantes et/ou ne prendront pas le temps de réfléchir à des idées révolutionnaires, etc. Ce que nous obtenons ainsi est un mouvement animaliste qui a réduit son message radical pour obtenir le soutien de plus de personnes, mais qui est devenu si timoré et stérile qu’il n’est plus un outil significatif dans la lutte pour la libération animale. C’est ce qui arrive quand on pense à court terme et non à long terme ; quand on est avide de convertir quelques personnes supplémentaires au véganisme à n’importe quel prix.

Nous sommes désormais au beau milieu de cette évolution du mouvement, mais comme je le vois, dans les prochaines décennies, le mouvement en Israël et dans plusieurs autres endroits (je ne veux pas dire partout car je ne suis pas au courant de ce qui se passe dans le monde entier) sera seulement un mouvement de changement personnel, très modéré, qui se renfermera sur lui-même, s’occupera de recettes de cuisines et qui essaiera ici ou là de convertir des carnivores au végétalisme, mais ce ne sera sûrement pas un mouvement révolutionnaire capable d’obtenir la libération animale. Aussi, si une idée révolutionnaire pour la libération animale se présente, mais qu’elle entre en contradiction avec la santé des gens par exemple, cette idée ne sera pas mise en pratique par le mouvement de libération animale parce qu’il y aura en son sein trop d’activistes égoïstes qui penseront que la santé humaine est plus importante pour eux que la libération animale (des exemples de ce type ont déjà existé en Israël et dans le monde entier). Ainsi, une partie des activistes spécistes de notre mouvement sont donc, pour une partie d’entre eux, des personnes ordinaires, qui sont devenues véganes, mais pour des raisons égoïstes et pas pour des raisons éthiques – et elles ne seront pas la solution pour en finir avec l’holocauste animal.

À mon avis, un mouvement spéciste ne sera pas capable d’arrêter l’holocauste animal. Si une bonne idée relative à la libération des animaux devait se réaliser au détriment des humains, ces activistes ne la mettraient pas à exécution. Les spécistes ne feront pas de leur mieux pour libérer les animaux, n’investiront pas de temps ou d’argent, surtout pas pour des actions radicales potentiellement efficaces. C’est pourquoi il est important que chacun-e d’entre nous essaie autant que possible de radicaliser le mouvement animaliste, même si ça doit coûter l’exclusion de quelques activistes. Autrement, nous aurons un mouvement qui condamne lui-même définitivement toute libération animale. À mon sens, il est déjà trop tard, mais j’espère avoir tort.

Nous ne pouvons pas libérer les animaux en faisant appel à la bonté de la population. Nous ne pouvons pas non plus libérer les animaux en faisant appel à l’intérêt des gens pour la santé ou l’écologie, nous pourrions rendre ainsi de nouvelles personnes véganes, mais sûrement pas assez pour que ce soit significatif, et le prix en serait la ruine de l’idéologie du mouvement animaliste. C’est très dangereux, parce que la seule chance d’éliminer l’holocauste animal est d’avoir un mouvement et une idéologie solides qui produiront des activistes engagé-e-s essayant d’arrêter l’holocauste avec d’autres méthodes que la propagande (qui ne mettra certainement pas fin à l’holocauste animal).

Il y a également un autre type d’activistes spécistes dans notre mouvement : les activistes qui participent aussi à des actions en faveur des droits humains. C’est une question problématique, et très cruciale, dans laquelle je ne veux pas trop m’aventurer parce qu’elle nécessiterait un entretien à elle seule, mais je dois l’évoquer. Il est inacceptable de promouvoir les droits humains pour quiconque se considère comme une personne végane non spéciste. Est-ce qu’on imaginerait un-e résistant-e, qui se batte le jour pour libérer les juifs des camps de concentration gardés par les nazis, et lutte la nuit pour améliorer la condition des nazis ? C’est une contradiction flagrante. En tant que personnes attachées à la justice, nous ne pouvons pas ignorer cette contradiction. Nous devons comprendre que théoriquement, les animaux méritent d’avoir des droits tout autant que les humains.

En théorie, nous sommes dans une égalité de statuts, mais en réalité, les droits humains se réalisent aux dépens des droits des animaux. C’est un fait. À mesure que la situation socio-économique de la population s’améliore, de plus en plus d’animaux sont maltraités et tués. À mesure que de nouveaux pays ont accédé à l’indépendance et se sont développés, nous avons observé de plus en plus d’élevages industriels. Nous ne devons pas ignorer ce paradoxe. Nous devons comprendre que les humains sont criminels envers les animaux. En théorie, tout le monde mérite d’avoir des droits, mais en réalité, les droits des violeurs se font au détriment de ceux des femmes. Nous devons choisir un camp, celui des animaux ou celui des humains – nous ne pouvons pas être des deux côtés à la fois. Voulons-nous être du côté des victimes ou du côté des bourreaux ? Pour cette raison, entre autres, nous devrions investir tout notre temps dans la défense des droits des animaux et ne pas militer pour les humains.

La seconde raison pour laquelle nous devrions dédier tout notre temps à la lutte pour les droits des animaux s’explique en prenant simplement en considération quelques faits. Les animaux qui sont exploités et tués chaque année par les humains sont environ 100 000 – 1 000 000 fois plus nombreux (!) que les humains. Les souffrances que vivent les animaux n’ont aucune commune mesure avec les souffrances humaines (vivisection, élevage, chasse, etc.). Le mouvement animaliste a beaucoup moins d’argent que celui défendant les droits humains, et compte également beaucoup moins d’activistes. Les médias traitent de divers problèmes humains toute la journée, et ce, chaque jour. Les humains peuvent militer pour eux-mêmes, les animaux ne le peuvent pas.

Après avoir ainsi examiné les faits précédents, alliés au fait que la majeure partie de la population est responsable de l’holocauste animal, je pense que nous comprenons évidemment que chaque activiste animaliste qui se bat aussi pour les droits humains, est spéciste et ne fait qu’aggraver l’holocauste animal.

Un exemple simple le démontrera mieux qu’un long discours : imaginons que nous marchions dans une rue et que nous remarquions 100 individus blessés. L’un d’entre eux est sur le trottoir, il est blanc, et s’est coupé à la jambe en tombant pendant qu’il courrait. La coupure n’est pas très profonde, il n’y a pas de danger de mort, mais il saigne. Il y a également 20 personnes autour de lui qui l’aident à se remettre.

Juste à côté de lui, il y a 99 hommes noirs, étendus sur la route, blessés par l’explosion d’un bus, explosion causée par cet homme blanc. Ils sont mourants, saignent, hurlent de douleur, et une seule personne tente de leur venir en aide. Que feriez-vous ? Ma réponse est simple, si vous alliez aider l’homme blanc sur le trottoir qui a déjà tellement d’attention, qui est seul, dont la blessure n’est pas vitale, et qui est le criminel responsable de la souffrance des 99 autres personnes – vous êtes soit raciste, soit un quelqu’un de très, très stupide. Admettons que personne ne soit stupide à ce point, il n’y a donc qu’une seule conclusion possible. Remplaçons dans cette allégorie les personnes noires par les animaux et l’homme blanc par la population humaine – et nous comprenons pourquoi les activistes animalistes qui militent également pour les droits humains sont spécistes.

Je sais qu’à ce stade, quelques lecteurs avanceront de nombreuses excuses pour justifier leur dépense de temps et d’argent pour aider des humains. Comme je l’ai précisé précédemment, je ne veux pas m’étendre exagérément sur le sujet, mais j’aimerais encore répondre à un argument répandu à ce propos, qui est « mais si nous aidons les gens et que nous améliorons leurs conditions de vie, ils seront plus ouverts à l’idée des droits des animaux. »

Encore une fois, les gens sont intrinsèquement égoïstes. Ils se ressentent toujours comme des victimes. Ils veulent toujours plus que ce qu’ils possèdent. Nous sommes programmé-e-s de cette façon. Aider les gens ne les rendra pas plus compatissants envers les animaux, économisons donc notre temps et aidons directement les animaux, nous ne risquons pas d’échouer en agissant de cette manière.

Si cette logique [«  conditions de vie confortables = compassion »] était juste, toutes les personnes riches, du fait de leur très bon statut socio-économique, seraient véganes, et nous verrions beaucoup de pays qui ne sont ni occupés ni en guerre devenir véganes. Mais le fait est que nous ne pouvons pas trouver dans le monde un seul pays qui soit végane. Ni même à 50 %, ni à 10 %. Il n’y a également pas beaucoup de différences entre les différents pays ; on y compte toujours de zéro à 2% de personnes véganes, et ce, malgré les campagnes militantes internationales qui sensibilisent le public depuis déjà plusieurs décennies. Le problème est le suivant : en admettant que nous parvenions à créer les meilleures conditions de vie possible pour les gens, quelques personnes en deviendraient peut-être véganes, mais certainement pas dans une proportion qui justifie l’investissement en temps et en argent que cela suppose. Mon opinion est qu’il y a une limite des 5% qu’aucun pays ne franchira jamais (en tout cas, sûrement pas pour des raisons éthiques), et qui n’a, de toute évidence, pas encore été franchie à ce jour.

Nous ne devrions pas oublier que la lutte pour les droits humains a pour conséquence principale le développement de certains pays et l’apport de meilleures conditions socio-économiques aux populations. De nouvelles personnes peuvent ainsi s’ouvrir aux droits des animaux, du moins en théorie, mais cela fait aussi progresser l’industrialisation, et offre de nouvelles options économiques à la population, options qui accroissent la quantité de souffrance animale ainsi que la quantité d’animaux produits et tués. Au final, plus d’animaux souffriront, parce qu’il est plus pertinent de prendre en compte le nombre de mangeurs de viande que le nombre de personnes véganes (de la même manière, si nous voulons évaluer la condition des femmes, nous devons savoir combien de personnes commettent des viols, et non combien ne le font pas).

Je vois le problème de la façon suivante : nous avons un mouvement spéciste qui va empirer à mesure que le temps passe, et qui sera de moins en moins capable de contribuer à en finir avec l’holocauste animal. J’espère que l’action de marquage que nous avons réalisée fera réfléchir les activistes animalistes, élargira leurs perspectives d’action et les rendra plus engagé-e-s dans la lutte pour les droits des animaux. Après avoir passé de nombreuses années dans le mouvement animaliste, je ne suis pas optimiste, mais ce n’est pas moi qui ai dit que « la différence entre un optimiste et un pessimiste est que le pessimiste est un optimiste expérimenté ».

Résumons. Nous devons réaliser que nous ne pouvons pas arrêter l’holocauste animal avec des messages éthiques (environ 95-99 % de la population humaine ne se préoccupe pas des animaux), nous ne pouvons pas mettre un terme à l’holocauste animal avec des messages santé ou écologie (la majeure partie de l’humanité ne s’en préoccupe pas non plus, et ce type de propagande serait la ruine du mouvement animaliste), nous ne pouvons pas faire s’achever l’holocauste animal en imposant les droits des animaux à la population humaine (étant donné que nous sommes plus faibles que l’ennemi), et nous ne mettrons pas fin à l’holocauste animal avec l’ALF (parce que nous ne pouvons pas libérer 150 milliards d’animaux annuellement et mondialement).

Il est donc nécessaire que nous comprenions pourquoi l’holocauste animal se produit actuellement. Ce n’est pas à cause de l’éducation (on nous a appris depuis notre naissance à aider les autres, à ne pas maltraiter les animaux, à être aimables, etc.), ce n’est pas non plus à cause de notre message, ce n’est pas plus à cause du manque d’ouverture des gens… La cause de cet holocauste est, en vérité, simple et horrible : nous sommes face à environ 7 milliards de personnes égoïstes et insensibles. La majeure partie de l’humanité n’est pas sensible et ne sera jamais sensible au sort des animaux, peu importe le nombre de vidéos que nous lui montrerons, et peu importe le nombre de fois que nous répéterons « viande = meurtre ». Si nous ne parvenons pas à intégrer cela, nous ne serons jamais capables d’en finir avec l’holocauste animal.

La phrase de Paul McCartney1 est absurde. Les abattoirs ONT DÉJÀ DES MURS DE VERRE ! Les gens savent que la viande est un morceau d’animal mort. Les gens, dans leur majorité, savent comment les animaux sont tués (par égorgement), l’internet regorge de vidéos et d’images d’élevages industriels pour qui veut les voir. Les abattoirs ont donc déjà des murs de verre, et tout le monde n’est pas végétarien – loin de là.

Que peut-on faire pour changer la situation ?

1. Militez. Devenir végane dans ce monde malade, avec cet holocauste perpétuel, n’est pas suffisant. Il est beaucoup plus crucial de militer pour les droits des animaux.

2. Militez autant que vous le pouvez. Nous devons dédier la majeure partie de nos vies au combat animaliste (et seulement à celui-ci), car le nombre d’activistes y est limité et qu’il y a beaucoup d’ennemis à la cause animale.

3. Réalisez bien que les gens ne se soucient pas des animaux, et que les campagnes de sensibilisation sont un outil qui sert seulement à élargir le petit cercle des militant-e-s animalistes engagé-e-s, mais ne permet pas d’en finir avec l’holocauste animal. De ce fait, nous devrions exclusivement lancer des campagnes basées sur l’éthique, sans nous occuper de problématiques égoïstes comme la santé et l’écologie. Nous ne devons pas réduire la portée de notre message pour attirer à nous d’autres individus véganes modérés et égoïstes car l’intérêt de la propagande est d’élargir le cercle restreint des activistes non spécistes. Nous devons radicaliser notre mouvement, même si cela devait attirer moins d’activistes dans un futur proche. Les activistes qui y viendront malgré tout en seront d’autant plus légitimes et efficaces.

4. Si vous continuez à faire des campagnes de sensibilisation, faites quelques essais puis réalisez des campagnes avec des actions radicales comme l’action 269, et abordez les questions morales liées aux droits des animaux, et seulement celles-ci.

5. Prendre conscience que la formule « penser global, agir local » est particulièrement problématique, et qu’elle est le signe d’une pensée très fermée. Nous devrions « penser global, agir global ». Faire des actions qui ont le potentiel de se répandre dans le monde entier, avec un minimum d’investissement d’argent, de temps et d’activistes. Nous manquons de ressources, nous devons donc nous organiser efficacement. Chaque action que nous menons doit pouvoir être vue dans le monde entier. Nous devons être aussi efficaces que possible pour maximiser notre temps et notre argent, vu que les deux sont limités.

6. Essayez d’organiser des rencontres uniquement composées de personnes militantes, non spécistes et engagées dans la cause animale, et élargissez vos perspectives. Prenez en considération tous les paramètres que nous avons mentionnés ici, et essayez de réfléchir à des solutions créatives (légales ou illégales) qui pourraient définitivement arrêter l’holocauste animal, ou du moins certains de ses aspects.

7. Impliquez-vous dans les voies non conventionnelles dont j’ai déjà parlé, comme la promotion de la recherche sur la viande artificielle, agir contre la reproduction humaine, etc. Je ne suis pas sûr que nous serons capables d’arrêter l’holocauste animal, c’est peut-être une cause perdue, mais ce qui est sûr c’est que si nous avons une chance d’aboutir, elle réside uniquement dans le développement de ces voies non-conventionnelles. »


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Note de traduction : La formule de Paul McCartney dont il est question ici :
If slaughterhouses had glass walls, everyone would be a vegetarian.
(Si les abattoirs avaient des murs de verre, tout le monde serait végétarien.)

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* Cette démarche s’inscrit aussi dans une démarche mondiale, celle du mouvement pour la fermeture des abattoirs (élevage, pêche et chasse).

+ d’infos sur :
fermons-les-abattoirs.org
http://www.l214.com/

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12 commentaires pour 269

  1. natascha dit :

    C’est vrai qu’il faut s’unir, mais pour ça il faudrait que les activistes parlent la même langue, ou au moins se comprennent. Je ne comprend pas pourquoi le mouvement pour l’abolition de la viande ne rencontre pas plus de succès. Serait-ce dû à la communication vers l’extérieur?

    • effectivement, tout le monde ne parle pas anglais ; c’est peut-être un problème pour un mouvement mondial uni.
      mais même entre militants qui parlent la même langue, c’est parfois difficile d’être unis et soudés…

      oui il est dommage que le mouvement pour l’abolition de la viande ne rencontre pas plus de succès, même si je crois que c’est en train de changer ;
      il me semble que beaucoup de véganes ont un problème avec la formulation « abolition de la viande » parce qu’ils croient que ça n’inclut pas le lait et les œufs, alors que « viande » est un raccourci pour désigner tous les produits d’origine animale.
      et certains n’adhèrent pas au mot « abolition » et préfèrent une stratégie d’inciter les gens à devenir végane plutôt que d’assumer une lutte pour l’interdiction politique (pourtant bien légitime).

      pour ce qui est de la communication vers l’extérieur, oui, effectivement, c’est certainement un point important à améliorer. (quand tu dis « extérieur » tu parles des gens non végétariens ou des autres pays ?) c.

  2. Interview intéressante, mais c’est quand même complètement faux et contre-productif de dire qu’on ne peut pas agir pour les droits humains quand on est pour les droits des animaux. C’est même du spécisme, justement, que de dire que les humains ne doivent pas être aidés, respectés, etc (parallèle avec des Nazi oO).
    Donner des droits aux animaux n’enlève rien aux droits des humains (en tout cas rien d’important). C’est une simple restriction de liberté légitimée par des questions d’ordre éthique (tout comme n’importe quelle autre loi).
    Les combats politiques et les intérêts se rejoignent bien souvent d’ailleurs. Les problèmes sont souvent liés entre eux : la corrida et la protection de l’enfance, la violence envers les animaux et la violence entre humains, le végétalisme et l’écologie, etc.

    Du coup ça me dérange ces propos.

    • merci de l’avoir lue.
      oui c’est dérangeant et radical mais il faut essayer de prendre du recul sur la situation et ne pas se braquer puisque c’est le fruit d’une vraie réflexion posée et sérieuse sur comment on fait pour faire changer cette barbarie quotidienne, banale et légale, perpétrée sur les animaux (c’est bien là la différence avec les actes de cruauté perpétrés sur des animaux humains);
      et pour l’instant on ne peut savoir si c’est contre-productif.

      (ils ne disent pas du tout que donner des droits aux animaux enlèvent des droits aux humains ; ils posent la question de SI une stratégie efficace (limiter les naissances par exemple) en enlevait … de l’attitude qu’on aurait)

      et ils ne disent pas tout à fait que les humains ne doivent pas être aidés mais expliquent à quel point la plupart des militants qui se disent antispéciste, sont spécistes. c’est aussi une question de comment on choisit de répartir son énergie et son temps de militantisme par rapport à l’ampleur du travail, à mon avis.

      * »pour les animaux tous les humains sont des nazis » est une comparaison qui a été faite par des juifs eux-même, comme Isaac Bashevis Singer.

    • Zanon dit :

      En fait, si on veut aider efficacement les humains, il faut d’abord aider les animaux. Prenons le cas d’un enfant qui meurt de faim en Afrique. Vous pouvez l’aider momentanément en envoyant 20 euros à une ONG (dont les 3/4 irons dans la poche d’un dictateur) et c’est tout à fait honorable et nécessaire, mais vous le sauverez définitivement si au lieu de l’obliger à produire des céréales pour notre viande occidentale vous lui laissez ces céréales pour vivre en bonne santé et se développer à son rythme. C’est la même chose avec le viol, par exemple. Dans un pays où la majeure partie de la population se goinfre de chair animale en ricanant, pensez-vous qu’on peut avoir des citoyens doux et respectueux les uns des autres… Je n’ai pas le temps de terminer mon raisonnement, mais sachez que la cause animale est d’abord la cause humaine. Les deux sont liés. Claude Lévy Strauss dit à peu près cela. DZ

  3. Si j’ai bien compris la personne qui parle considère qu’un animaliste qui milite aussi pour le droit des humains va à l’encontre de l’intérêt des animaux (alors que pas forcément), qu’il est spéciste (là non plus je ne vois pas pourquoi)… C’est ce point qui me pose problème.

    Quant à la critique de la citation de McCartney, je ne suis pas d’accord non plus, ou du moins pas entièrement. Oui on sait tous que la viande c’est un morceau d’animal mort, mais on ne fait pas de connexion au moment de l’achat et de la consommation parce qu’on est conditionnés (voir une conférence de Melanie Joy pour plus de détails là dessus). La problématique est plus compliqué que ce qui est énoncé lorsqu’il affirme qu’on SAIT. La plupart des gens ne savent pas non plus dans quelles conditions vivent et meurent les animaux. Et ils ne savent pas toujours qu’on peut vivre sans consommer de produits animaux (c’était mon cas).

    Bref, vaste sujet, mais le message est peu encourageant dans cette interview je trouve.

    • oui c’est ça. (j’ai répondu dans ton autre commentaire sur le spécisme des antispécistes)
      oui c’est pessimiste mais par rapport à l’ampleur des dégâts, c’est peut-être important à dresser comme constat ; de + ils proposent plusieurs solutions et les mettent vraiment en pratique. (le mouvement 269 a pris un vraie ampleur en peu de temps. et ils ont réussit à faire des très grosses manifs généralistes abolitionnistes pour la libération animale à Tel Aviv et aussi en simultanné avec de nombreuses villes mondiales).

      sur la psychologie de la personne qui mange de la viande, c’est vrai qu’il ne savent pas exactement les conditions de vie et de mort de l’animal mais ils SAVENT en tout cas que c’est un animal et qu’il a été tué.
      et je pense que peu de gens n’ont pas connaissance qu’il existe des végétariens dans le monde. (ce qui prouve qu’on peut vivre vg)

      • Personne dit :

        Et quand on lit les innombrables témoignages des végés, la façon dont chacun prend consience des choses, dont ils étaient carnistes apparemment sans empathie et végéphobes, et dont ils sont devenus végés pour les animaux… on se rend compte que tout ce texte est basé sur une réflexion superficielle, fausse et juste aigrie.

        Il y a un moment où il faut aussi accepter de s’instruire, de lire des bouquins, voir les expériences des autres militants, et comprendre un peu comment fonctionne la psychologie humaine…

      • superficielle pas vraiment, c’est justement une analyse du comportement des militants de la cause animale qui est offerte et analysée ici. et aigrie pas vraiment non plus étant donné l’ampleur et le degré d’implications des actions organisée par le mouvement 269.

        il me semble que ça n’est pas vraiment le fait d’être végétarien qui fait de quelqu’un un militant, militer pour les animaux c’est militer pour les libérer, ça n’est pas vraiment (qu’) une question de choix de consommation …

        et la stratégie de « conversion » est justement remise en cause dans ce texte.

        peut-être faut-il approfondir la psychologie humaine, nous vous encourageons à le faire si c’est votre souhait et votre domaine et si vous pensez que le chemin vers la libération animale passe par là.

        il n’est en tout cas pas constructif et productif de l’être (aigri) ;
        il ne faut pas se sentir visé(e) mais avancer.

        continuons ensemble, pour Eux, même si nos analyses divergent. non ?

  4. riot dit :

    nos saints frères animaux ont la même AME que l animal humain.

  5. Lucie dit :

    Il est vrai que c’est tellement difficile de mettre les humains et les animaux sur un même pied d’égalité. Quand on voit ce que nous leur faisons subir, et parallèlement ce que nous font, il y a quand même un écart extrainement large. Avant d’être vegan, j’étais misanthrope, mais maintenant c’est encore pire. L’Homme pourrait faire tellement de bien autour de lui, pourquoi ne le fait-il pas? Chacun d’entre nous pourrait arrêter l’exploitation et la torture d’êtres sensibles, qu’est ce qu’on attend? Je croyais qu’on voulait rendre le monde meilleure, mais apparement notre cerveau est attrofié. Je ne sais pas pour vous, peut être que je suis extrême, mais je peux plus voir un bout de viande, or on nous en met partout. Impossible d’allumer la TV sans tomber sur une pub, ou d’aller dehors sans voir une boucherie, ou encore voir une personne déguster un bon steak bien saignant. Je suis tout bonnement répugnée par notre société, et tout le système qui tourne autour. J’ai de plus en plus de mal avec mes amis, qui prennent un malin plaisir à me lancer des piques quand j’ouvre ma lunch box le midi. Elles se rendent pas compte, et c’est cet aveuglement qui m’énerve au plus haut point. Par contre, fait intéressant: quand il s’agit de leur proposer de regarder une vidéo de ce qui se passe dans les abatoires, il y a plus personne.

    PS: désolé pour les fautes s’il y en a, mais l’orthographe c’est vraiment pas mon fort.

  6. Ping : 269Life – Bad buzz ? – Peuvent-ils souffrir ?

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